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Surdité soudaine
VIVRE ET SE FAIRE ENTENDRE
juin 21, 2021

Au cours de nos articles, nous avons souvent évoqué l’importance de l’ouïe dans notre quotidien et souligné le caractère essentiel d’un suivi auditif régulier. Mais qu’en est-il quand ce sens est réduit ou absent ? Tout aussi important, nous allons voir qu’il prend d’autres formes.

Hors des clichés

Ne confondez plus : qui dit surdité ne dit pas mutisme ! Certaines personnes malentendantes s’expriment et peuvent percevoir leur propre voix grâce aux vibrations émises par leurs cordes vocales au niveau de la cochlée (pour plus de détails, consultez notre article sur les mécanismes de l’audition).

Virginie Delalande, première personne sourde de naissance à être devenue avocate, se bat contre les clichés : « On a tendance à penser que parce que la personne est sourde et qu’elle n’a pas compris ce qui a été dit, elle est un peu débile. Alors que ça n’a absolument rien à voir ! Et puis les « sourds-muets » ça fait longtemps que ce n’est plus vrai du tout. On peut tout à fait utiliser ses cordes vocales. » Si en tant qu’avocate Virginie Delalande fait entendre sa voix, l’oralisme chez la communauté sourde est une affaire de choix.

L’acceptation de l’entourage est primordiale pour une bonne intégration de la personne sourde ou malentendante. Toutefois les structures spécialisées permettent une meilleure adaptation à la vie sociale et professionnelle, même si la langue des signes se démocratise. Mais la sensibilisation du public entendant reste fondamentale pour favoriser la tolérance : la question du « handicap » dépend en fait du regard porté par ceux que l’on nomme encore les « normo-entendants ».

Plusieurs moyens de communiquer

Si la langue des signes est le moyen le plus simple pour communiquer et prendre connaissance du monde extérieur, il est également possible, comme Virginie Delalande, d’avoir un langage parlé en apprenant à régler son niveau sonore et à s’adapter aux réactions des interlocuteurs.

Le langage non verbal est d’ailleurs essentiel. Les expressions corporelles et faciales remplaçant en quelque sorte les intonations de la voix, elles permettent de transmettre toutes les subtilités de la pensée et des émotions (autrement dit, tout l’inverse de ce qui est montré dans le clip de la chanson « Savoir aimer » de Florent Pagny, dans lequel celui-ci garde un visage stoïque tout en signant).

Le corps et le visage occupent une place prépondérante dans la communication non verbale. Il est aussi possible de lire sur les lèvres : on parle alors de lecture labiale.

  Et le progrès ?

L’apparition des nouvelles technologies a révolutionné le quotidien : les aides auditives sont plus performantes et les implants cochléaires peuvent compléter les informations visuelles en rendant possible la perception auditive.

L’ère du numérique et du digital rend également les choses plus faciles. Tout ce qui est habituellement sonore (réveil matin, sonnette…) est remplacé par des vibrations ou des signaux lumineux. La possibilité d’écrire des sms ou de téléphoner en « visio » facilite grandement les échanges.

De plus, des applications sont spécialement développées comme Ava (dont l’étymologie signifie « vie » ou « vivant ») et qui retranscrit en sous-titres instantanés ce qu’un interlocuteur dit grâce au microphone du téléphone.

Il a fallu du temps pour que la communauté sourde soit reconnue. Aujourd’hui, on voit bien que les limites ne se trouvent pas au niveau d’un sens mais au niveau d’une époque et de sa façon de considérer les individus. Comme le dit si bien Virginie Delalande : « Quand on est sourd, la seule chose qui ne fonctionne pas, c’est l’oreille. »